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Charlotte Feraille : comment financer un club ou un projet sportif grâce au mécénat ?

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fabrice aradesFabrice Arades

Financer le sport : des solutions encore trop peu connues

Les clubs sportifs font face à une équation de plus en plus complexe : développer leurs activités, accueillir de nouveaux pratiquants, entretenir ou adapter leurs équipements, recruter des éducateurs et accompagner leurs sportifs, avec des ressources publiques sous tension.

Dans ce troisième épisode de Warm Up Sport, Charlotte Feraille présente les dispositifs développés par la Fondation du Sport Français pour diversifier les ressources du sport.

Fondation reconnue d’utilité publique, la Fondation du Sport Français joue notamment un rôle d’intermédiaire et de sécurisation dans les opérations de mécénat.

L’objectif : permettre aux entreprises comme aux particuliers de soutenir directement des clubs, des sportifs ou des projets sportifs.

Mécénat et sponsoring : quelle différence ?

C’est l’une des premières distinctions expliquées dans l’émission.

Le sponsoring repose sur une logique commerciale : une entreprise finance un acteur du sport en attendant une visibilité ou un retour proportionné à son investissement.

Le mécénat repose sur une logique différente. L’entreprise ou le particulier effectue un don sans attendre un retour commercial équivalent.

Charlotte Feraille donne notamment l’exemple d’une entreprise qui choisit d’accompagner un jeune sportif : le retour peut être humain, interne à l’entreprise ou lié à l’histoire partagée avec l’athlète, mais il n’est pas conçu comme un achat classique de visibilité.

Soutiens ton club : un outil pour les associations sportives

Pour un club sportif, la démarche peut commencer très simplement.

Charlotte Feraille résume le parcours en trois étapes :

s’inscrire, collecter, recevoir les fonds.

La plateforme Soutiens ton club permet à une association sportive de mobiliser son environnement :

  • adhérents ;
  • parents ;
  • anciens licenciés ;
  • partenaires ;
  • entreprises locales ;
  • sympathisants du club.

La Fondation comptait, au moment de l’interview, environ 7 000 clubs inscrits sur son dispositif.

Mais l’inscription seule ne suffit pas.

La collecte repose ensuite sur la capacité du club à faire connaître son projet auprès de son propre réseau. Charlotte Feraille insiste notamment sur une communication ciblée davantage proche du marketing direct que d’une communication de masse.

Quels projets un club peut-il financer ?

Les besoins peuvent être très différents selon les structures.

Parmi les exemples évoqués dans Warm Up Sport :

  • déplacement de jeunes en compétition ;
  • stage sportif à l’étranger ;
  • participation à un championnat ;
  • rénovation ou adaptation d’un équipement ;
  • mise aux normes pour l’accueil des personnes en situation de handicap ;
  • achat ou mise à disposition de matériel sportif.

Il n’existe pas nécessairement de taille minimale.

Certains clubs peuvent collecter quelques centaines d’euros quand d’autres vont mobiliser des montants beaucoup plus importants.

La pertinence du projet et la capacité du club à mobiliser son réseau restent essentielles.

Une entreprise peut-elle financer directement un club ?

Oui.

Une PME ou une entreprise locale peut choisir de soutenir un club précis.

Elle peut également financer un projet d’équipement ou demander à la Fondation du Sport Français de l’aider à identifier plusieurs projets correspondant à ses critères.

Le mécénat ne prend d’ailleurs pas obligatoirement la forme d’un versement financier.

Il peut aussi s’agir de mécénat en nature ou de mécénat de compétences.

Une entreprise peut par exemple fournir du matériel, mettre certaines compétences professionnelles à disposition d’un club ou permettre à des salariés de participer à certaines missions.

Financer un sportif de haut niveau

La Fondation accompagne également les athlètes.

Deux dispositifs sont notamment évoqués pendant l’entretien :

le Pacte de performance, davantage destiné aux sportifs déjà confirmés ;

et Soutiens ton sportif, destiné notamment à des athlètes émergents.

L’objectif va au-delà du simple financement.

La relation avec une entreprise peut aussi permettre à l’athlète de découvrir progressivement le monde professionnel et d’anticiper sa reconversion.

Charlotte Feraille insiste sur cette problématique : la fin de carrière sportive reste un moment complexe et le double projet études-sport ou emploi-sport est aujourd’hui difficile à mener pour de nombreux athlètes.

Équipements et éducateurs : les besoins importants des clubs

Quels besoins remontent aujourd’hui du terrain ?

Selon Charlotte Feraille, deux sujets apparaissent particulièrement importants :

les équipements sportifs et le fonctionnement des clubs.

De nombreux gymnases vieillissent, sont énergivores ou ne correspondent plus complètement aux usages actuels.

La transition environnementale du sport passe donc aussi par la rénovation des installations existantes.

Elle évoque également une évolution intéressante : développer davantage de petits équipements sportifs de proximité plutôt que de concentrer toutes les pratiques dans de grandes infrastructures.

La Fédération française de judo et son programme de dojos de proximité sont cités comme exemple.

Le rôle croissant des entreprises dans le financement du sport

La responsabilité sociale des entreprises ouvre de nouvelles possibilités au mouvement sportif.

Mais Charlotte Feraille alerte aussi sur un point : la diversification des ressources ne doit pas conduire à considérer que les financements privés peuvent entièrement remplacer les financements publics.

Les associations sportives assurent souvent une mission sociale importante dans les territoires.

L’un des enjeux pour les prochaines années sera donc de faire davantage travailler ensemble :

  • État ;
  • collectivités ;
  • clubs ;
  • entreprises ;
  • mouvement sportif.

Une meilleure coordination pourrait permettre d’orienter les moyens privés vers certains territoires ou projets tout en maintenant des financements publics là où l’investissement privé est moins présent.

La Fondation du Sport Français en pleine croissance

La Fondation a elle-même beaucoup évolué.

Charlotte Feraille explique qu’elle comptait essentiellement sur des bénévoles à sa création.

Elle indique aujourd’hui une équipe d’environ 30 salariés et une activité ayant fortement augmenté ces dernières années.

Des délégués territoriaux interviennent également sur le terrain pour faire connaître les dispositifs, accompagner les projets et créer du lien entre clubs, entreprises et collectivités.

Comment commencer ?

Pour un club, Charlotte Feraille propose une démarche extrêmement simple :

1. S’inscrire.
2. Collecter.
3. Recevoir les fonds.

La structure doit notamment disposer de ses statuts, des informations d’identité du responsable et de son numéro d’affiliation fédérale.

La Fondation organise aussi des webinaires permettant aux associations inscrites de mieux structurer leur projet et leur stratégie de collecte.

🔗 https://www.fondation-du-sport-francais.fr


À retenir

Le mécénat sportif ne concerne pas uniquement les grandes entreprises ou les sportifs les plus médiatisés.

Un club local peut mobiliser des parents, des anciens licenciés, des commerces, des PME ou des particuliers autour d’un projet concret.

Et pour Charlotte Feraille, l’un des enjeux majeurs reste précisément de mieux faire connaître ces possibilités aux milliers de clubs qui ignorent encore qu’elles existent.

🎙️ Warm Up Sport, le rendez-vous Radio Sports consacré à celles et ceux qui organisent, financent, accompagnent et font vivre le sport.

Voir l’épisode en vidéo sur Dailymotion :
https://dai.ly/xbgfmqm


Questions fréquentes sur le financement des projets sportifs

Comment financer un club sportif ?

Un club peut combiner subventions publiques, cotisations, partenariats commerciaux et mécénat. La Fondation du Sport Français propose notamment le dispositif Soutiens ton club permettant de collecter des dons auprès de particuliers ou d’entreprises.

Quelle différence entre mécénat et sponsoring sportif ?

Le sponsoring repose sur une contrepartie commerciale et un retour sur investissement attendu. Le mécénat repose sur un don sans contrepartie commerciale équivalente.

Une petite association sportive peut-elle bénéficier du mécénat ?

Oui. Il n’est pas nécessaire d’être un grand club. Des associations peuvent collecter quelques centaines ou plusieurs milliers d’euros selon leurs projets et leur réseau.

Que peut financer le mécénat sportif ?

Il peut notamment contribuer à financer des déplacements, stages, équipements, adaptations d’infrastructures, projets sportifs ou accompagnements d’athlètes.

Une entreprise peut-elle faire un don de matériel à un club ?

Oui. Le mécénat peut être financier, en nature ou en compétences, sous réserve de respecter le cadre fiscal et juridique applicable.

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