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Rubrique Handball – Un p’tit truc à vous dire

Nation majeure du handball mondial, la France accumule les titres, les médailles et les générations de champions, chez les hommes comme chez les femmes. Pourtant, malgré cette domination durable et des rendez-vous internationaux réguliers, la discipline peine encore à trouver la reconnaissance médiatique qu’elle semble mériter.
Dans cette chronique « Un p’tit truc à vous dire », Étienne Bonamy s’interroge sur ce paradoxe français, à travers l’actualité des équipes nationales et les propos d’Allison Pineau, figure emblématique du hand tricolore.


🎙 Un p’tit truc à vous dire – par Étienne Bonamy

AIMEZ-VOUS LE HANDBALL?

On ne sait toujours pas si la France est un pays de sport mais on reconnait depuis longtemps qu’elle est la nation n°1 mondiale du handball. Hommes et femmes réunis dans le succès. Les palmarès sont là, les athlètes aussi, la formation des talents itou. Et le championnat d’Europe masculin, joué actuellement en Scandinavie, ajoute à la liste des envies de la discipline tricolore. Tout pour plaire. Et pourtant, il y aurait comme une petite retenue. Manque de médiatisation? Manque de passion? A votre avis…

En suivant, il y a quelques jours, le Petit Pac’, l’émission de l’ami Pacaud, j’ai ri et appris beaucoup de choses – c’est la règle – mais j’ai également écouté attentivement Allison Pineau, une des quatre invités. Jeune retraitée, la reine du hand français avait retrouvé tout son jeu offensif pour évoquer ce qu’elle nomme un déficit de médiatisation de sa discipline. Et, comme elle savait le faire sur le terrain, l’ex-internationale a distribué le jeu et quelques frappes sèches, aussi solides que celles qui partaient de son bras droit.
Allison, donc, relevait le peu d’empressement des médias et de la communication à valoriser les performances du hand tricolore. Evidemment. Les deux sélections, femmes et hommes, ont pourtant ramené plus de médailles et de titres mondiaux et olympiques que l’ensemble de tous les autres sports collectifs français.

Quand Allison Pineau a pris la parole dans le Petit Pac’, mi-décembre aux Micros d’or à La Plagne, les Bleues allaient jouer – et gagner – le match de la 3ème place du Mondial contre les Pays-Bas. Des Bleues qui étaient encore championnes du monde en titre avant la compétition. Ce mois de janvier, les hommes de Guillaume Gille sont sur le parquet pour défendre leur titre européen. Fin d’année, début d’année, on y trouve toujours les rendez-vous incontournables du hand français.

Juste au moment où les calendriers sportifs se font discrets. Nous sommes encore loin des combats de fin de saison. Que ce soit la Ligue 1, le Top 14, la Ligue des Champions ou la Champions Cup, mais aussi le tennis à l’autre bout du monde, la F1 et la moto à l’arrêt, le Dakar ensablé en Arabie Saoudite à tourner en rond, etc.
On pourrait prolonger l’énumération. Hormis la perspective des Jeux d’Hiver – qui ne commenceront à passionner fans et téléspectateurs que le 6 février – rien n’était plus haut début décembre et début janvier que ces rendez-vous internationaux du hand avec les équipes de France dont on vante tant… à l’étranger les forces. Un boulevard pour parler hand, attirer les partenaires, les télés, etc.

Bah non! Le hand français a du mal à s’extraire des pages et écrans de la seule presse de sport spécialisée. La faute à qui? A la presse? Pas sûr. Aux 602 000 licenciés et 2299 clubs, comme l’assure la fédération française de hand? A priori non. Alors qui ne joue pas le jeu?
Tout le monde.

Depuis 1992, et la révélation des Bronzés aux Jeux de Barcelone, garçons et filles ont relevé les manches pour bâtir la maison. Le championnat de France tutoie les meilleurs européens, Montpellier Handball a remporté deux fois la Ligue des Champions, les joueurs du Paris Saint-Germain Handball et de HBC Nantes y aspirent. Les filles de Metz et Brest s’invitent dans les derniers carrés des coupes d’Europe, difficile de faire beaucoup plus.

Le manque de concurrence est parfois avancé. Le hand, sport de préau scolaire (!) ou de hangar – selon le ton employé, ne concernerait que quelques pays? 209 nations sont membres de la fédération internationale. Autant que la FIFA, et très largement devant le rugby et le basket-ball. Les compétitions internationales, ouvertes à tous par le football, imposent une plus grande sélection quand il s’agit de handball. Il y a quelques décennies encore, la discipline proposait un Mondial A, un autre B et un troisième nommé C. Pour se hisser au plus haut, comme surent le faire les joueurs de Daniel Costantini au début des années 90, il fallait être costaud. Et sûrement « barjots ».

En comparaison, le football, qui crie son universalisme, déprécie son standing avec un Mondial à 48 équipes. Une façon hypocrite d’inviter tout le monde car la compétition ne sera intéressante qu’une fois les « petits » rentrés chez eux. Le handball assume son élite.

Si Allison Pineau ronchonne c’est qu’elle a de bonnes raisons. Le hand français manque encore de soutien pour exposer ses talents domestiques. Les chaînes spécialisées sont chiches de leur programmation. Il est vrai qu’une compétition de caisses à savon offerte gratuitement à la diffusion par un gros sponsor étouffe vite toute envie d’aller montrer du sport à la place.

En clair, le hand n’a pas été aidé pour opérer sa révolution économique comme le rugby a su le faire lors du passage au professionnalisme en 1995. L’élite française, garçons et filles, a dû s’expatrier en Allemagne, Espagne, Norvège ou Hongrie pour chercher fortune. Et pourtant à Nantes, quand le « H » fait l’affiche dans ses grandes soirées européennes ou françaises, il attire plus de 10 000 personnes dans sa salle.

Le modèle économique de la Ligue féminine, lui, est toujours sur le fil du rasoir, faute d’investisseurs. Ces derniers se retournent toujours vers les diffuseurs, les collectivités, etc. Chacun se renvoie la balle. C’est très tendance au handball de s’envoyer la balle. De l’aile au centre, puis encore à l’aile. Elle tourne et à un moment, on doit aller vers le but. Tout en puissance. Il faut marquer. Allison Pineau le sait. Les 600 000 licenciés aussi. Les quelques millions de téléspectateurs qui ne devraient pas manquer si la France joue la finale de l’Euro le 1er février à Herning (Danemark) également. Si personne n’agit aujourd’hui, on redira la même chose dans un an. Et le hand français sera toujours à attendre au sommet.


📌 FAQ – Handball français et médiatisation

🤾 Pourquoi la France est-elle la première nation mondiale de handball ?

Parce que ses équipes masculines et féminines cumulent titres mondiaux, européens et olympiques, avec une formation reconnue et un championnat national compétitif.

📺 Pourquoi le handball est-il moins médiatisé que d’autres sports ?

Malgré ses succès, le handball bénéficie d’une exposition télévisée limitée, concentrée sur des chaînes spécialisées, avec peu de relais généralistes.

🏆 Les clubs français sont-ils compétitifs en Europe ?

Oui. Les clubs masculins et féminins français figurent régulièrement dans les phases finales des compétitions européennes, avec plusieurs titres à la clé.

👥 Combien de pratiquants compte le handball en France ?

La fédération française recense environ 602 000 licenciés répartis dans plus de 2 200 clubs.

❓ Le handball est-il réservé à une élite de pays ?

Non. 209 nations sont membres de la fédération internationale, un chiffre comparable à celui du football.