TDF2024 : étape 5 – Le diagnostic de M. Route du Tour
Drôle de Tour que celui qui traverse les Alpes pour une étape comptant le Galibier, pour ensuite quitter le massif aussi vite qu’il ne l’a attaqué.
Jeux Olympiques obligent, l’organisateur s’est creusé la tête pour concocter un tracé qui aborde les traditionnels sommets des Alpes et des Pyrénées, tout en intégrant le départ d’Italie et l’arrivée à Nice. Pour le retour en France, la route ne pouvait que passer par la côte où la montagne… Avec Nice en point d’orgue, il ne restait plus qu’à imaginer un passage dans le massif. Sans pour autant y passer trop de temps. CQFD ! Les Alpes se franchiront donc cette année en deux temps, dont le premier s’achèvera à Saint-Vulbas, ville-étape inédite.
Après les cimes et l’arrivée à Valloire, le départ depuis Saint-Jean-de-Maurienne (qui accueillera le Tour pour la sixième fois), sera bien plus doux, en direction de la plaine. Le relief sera on ne peut plus modeste, en constant faux plat descendant jusqu’à Chambéry (km 66), avec une courte transition en montée non répertoriée au km 85 (point culminant de l’étape autour de 500 mètres d’altitude).
Au titre des pois rouges du maillot de meilleur grimpeur, la dotation sera faiblarde, avec simplement deux côtes de quatrième catégorie à franchir. Après 105 kilomètres, les coureurs passeront rapidement la côte du Cheval Blanc (1,5 km à 4,3 %). Ils poursuivront leur périple très roulant en direction du sprint intermédiaire d’Aoste (à deux pas de la fabrique de jambons éponyme), au km 123. Dernière côte en vue, sorte de verrue au milieu de la plaine que le Tour se sera démené à dénicher, celle de Lhuis, au km 143 (3 km à 4,8 %).
Il en sera fini des reliefs et désormais la course s’approchera du final, le long du Rhône. Autant dire que sur les larges routes des 35 derniers kilomètres, les probables échappés auront bien du mal à tenir la cadence d’un peloton lancé à leurs trousses à vive allure.
La ligne droite de plus de 2 km avant l’arrivée permettra tranquillement aux équipes de placer et de lancer leurs sprinteurs. Etape de transition pour certains, étape pour grosses cuisses pour d’autres, elle ne devrait pas laisser de souvenir impérissable dans les tablettes du Tour, mais pourrait bien conforter le maillot vert dans sa quête de victoires et de lauriers. Avec la fin (temporaire) de la montagne et le retour de la plaine, les giratoires referont surface (près de 40) et les très nombreux terre-pleins (65) émailleront le tracé, essentiellement dans la deuxième partie de l’étape.
Pour les équipiers des Départements de France, plus de 300 panneaux de signalisation à installer et quelques gravillons à balayer, pour que camions jaunes et maillot vert fassent bon ménage !