Trek au Tibet : comment Philippe Savajols a transformé une expédition à 5 400 mètres en leçon de leadership
Peut-on revenir transformé d’un trek au Tibet ? Pour Philippe Savajols, président d’IsoSpace, la réponse est sans hésiter oui. Après avoir parcouru les Andes à vélo et relevé de nombreux défis sportifs, l’entrepreneur français s’est lancé dans une aventure de sept jours au cœur des hauts plateaux tibétains. Une expérience physique, mentale et spirituelle qui éclaire autrement le lien entre sport, entreprise et dépassement de soi.
Par Jérôme – Radio Sports
🎥 Voir l’interview complète : https://youtu.be/ffdpUY05EWY
Pourquoi un entrepreneur choisit-il de partir seul au Tibet ?
Il existe des voyages qui marquent une carrière.
Et d’autres qui changent une vie.
Pour Philippe Savajols, dirigeant d’IsoSpace, le Tibet représentait bien plus qu’un défi sportif. C’était un projet personnel nourri depuis l’adolescence par les récits d’Alexandra David-Néel, première femme occidentale à rejoindre Lhassa en 1924.
Son objectif n’était pas de battre un record.
Il voulait découvrir les monastères tibétains, rencontrer les populations nomades, vivre le silence de l’Himalaya et retrouver une forme de simplicité loin du quotidien d’un chef d’entreprise.
Un trek à plus de 5 400 mètres d’altitude
Le parcours s’est déroulé pendant sept jours dans une région isolée du Tibet.
Quelques chiffres donnent la mesure de cette aventure :
- départ autour de 3 000 mètres d’altitude ;
- point culminant à 5 400 mètres ;
- entre 15 et 20 kilomètres de marche par jour ;
- températures descendant jusqu’à -12 °C sous la tente ;
- plusieurs jours d’acclimatation avant le départ.
À cette altitude, la difficulté ne dépend plus uniquement de la condition physique.
Le principal adversaire devient le mal aigu des montagnes, provoqué par le manque d’oxygène.
« Même avec une excellente préparation, l’altitude ne négocie pas », explique Philippe Savajols.
Voyager au Tibet aujourd’hui : un accès très réglementé
Contrairement aux grandes destinations de trekking, le Tibet reste soumis à une réglementation particulière.
Depuis l’intégration de la région à la République populaire de Chine en 1950, les voyageurs étrangers doivent obtenir un Tibet Travel Permit en complément de leur visa chinois.
Certaines zones restent interdites ou nécessitent une autorisation spécifique.
Le parcours de Philippe Savajols a donc dû être entièrement adapté avec une agence locale.
L’expédition s’est finalement déroulée avec :
- un guide tibétain ;
- un cuisinier ;
- trois nomades ;
- quatre chevaux de bât.
Une logistique indispensable dans une région où les infrastructures touristiques sont quasiment inexistantes.
Quand le sport inspire le management
Depuis près de vingt ans, Philippe Savajols développe IsoSpace.
Sous sa direction, l’entreprise est passée de 5 à 150 collaborateurs.
Ce trek lui a permis de prendre une distance rarement possible dans la vie d’un dirigeant.
Son constat est simple :
« Le succès ultime d’un entrepreneur est de construire une entreprise capable de fonctionner sans lui. »
Cette philosophie rejoint les valeurs du sport de haut niveau :
- confiance ;
- préparation ;
- autonomie ;
- gestion du risque ;
- capacité d’adaptation.
Autant de qualités que l’on retrouve aussi bien sur un sentier himalayen que dans une entreprise en croissance.
Le Tibet comme expérience intérieure
Au-delà de la performance physique, Philippe Savajols décrit surtout une expérience de reconnexion.
Pendant plusieurs jours, il évolue sans réseau, sans sollicitations permanentes, sans réunions ni notifications.
Le silence devient un partenaire.
La montagne impose son rythme.
À son retour, il évoque un sentiment rarement exprimé par les dirigeants :
avoir retrouvé sa juste place.
Une sensation qui dépasse largement le cadre sportif.
IsoSpace : quand le sport fait partie de la culture d’entreprise
Chez IsoSpace, le sport ne constitue pas un simple outil de communication.
L’entreprise accompagne plusieurs sportifs à travers du mentorat et des partenariats.
Elle soutient également la pratique handisport, notamment grâce à une convention de mécénat avec la section tennis de table handisport de l’ACBB.
Cette politique reflète une conviction forte :
les valeurs du sport — engagement, dépassement de soi, solidarité et résilience — sont aussi des leviers de performance collective.
Quel sera son prochain défi ?
À peine revenu du Tibet, Philippe Savajols réfléchit déjà à une nouvelle aventure.
Parmi ses projets figure un trek de plusieurs semaines le long de la Grande Muraille de Chine, y compris dans ses portions les plus sauvages.
Une nouvelle exploration qui mêlerait une fois encore aventure humaine, endurance et découverte culturelle.
Radio Sports : raconter le sport autrement
À travers cette rencontre, Radio Sports poursuit sa volonté de mettre en lumière celles et ceux qui vivent le sport bien au-delà de la compétition.
Car parfois, les plus grandes performances ne se mesurent ni en chronomètre ni en podium.
Elles se lisent dans la capacité d’un homme à revenir différent de son voyage.
Le Tibet a offert cette transformation à Philippe Savajols.
Et son témoignage rappelle qu’il existe encore des aventures capables de changer notre regard sur le monde.
FAQ
Qui est Philippe Savajols ?
Philippe Savajols est le président d’IsoSpace. Passionné de sport d’endurance, il pratique notamment le cyclisme longue distance et les treks en haute montagne.
Pourquoi est-il parti au Tibet ?
Il souhaitait vivre une expérience personnelle inspirée des récits d’Alexandra David-Néel et découvrir la culture tibétaine à travers un trek en altitude.
À quelle altitude s’est déroulé son trek ?
L’expédition a culminé à environ 5 400 mètres d’altitude, après plusieurs jours d’acclimatation.
Qu’est-ce que le mal aigu des montagnes ?
Il s’agit d’un trouble provoqué par le manque d’oxygène en haute altitude. Il peut toucher toute personne, quel que soit son niveau de préparation physique.
Peut-on voyager librement au Tibet ?
Non. Les voyageurs étrangers doivent obtenir un Tibet Travel Permit et respecter des itinéraires autorisés par les autorités chinoises.
Quel lien fait Philippe Savajols entre sport et entreprise ?
Selon lui, le sport développe des compétences essentielles au management : confiance, résilience, préparation, autonomie et capacité à déléguer.
IsoSpace soutient-il le sport ?
Oui. L’entreprise accompagne plusieurs sportifs et mène des actions de mécénat, notamment en faveur du handisport.
Quel sera son prochain projet ?
Philippe Savajols envisage un trek de plusieurs semaines le long de la Grande Muraille de Chine.
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