À Nice pour l’arrivée du Tour de France Femmes, puis à Monaco pour le grand départ de la Vuelta, Christelle Chapiotin a choisi cette fois de vivre l’événement autrement : non plus comme journaliste, mais comme bénévole. Une immersion au plus près du public, des coureurs et de celles et ceux qui font vivre les grandes compétitions sportives.
Le vélo était à l’honneur cet été sur la Côte d’Azur, avec la grande arrivée du Tour de France féminin à Nice et le grand départ de la Vuelta, le Tour d’Espagne hommes, à Monaco.
Il y a quelques années, j’aurais pu suivre ces événements en tant que journaliste. La roue tourne mais la passion du sport reste, je décide donc de me glisser dans la peau d’une bénévole. Les deux villes hôtes ont fait appel aux bonnes volontés pour contribuer au bon déroulement de ces épreuves dont elles voulaient faire une véritable fête.
Le service des sports de Nice d’un côté, Monaco Checking, vainqueur de l’appel d’offres de la Principauté de l’autre, se sont rapprochés « des fidèles » et ont lancé un appel sur les réseaux sociaux. L’un et l’autre ont organisé plusieurs réunions en amont de l’événement pour nous le présenter, nous expliquer les missions et nous mettre dans l’ambiance avant le jour J.
Nice, pour informer sur la grande arrivée des femmes
Dimanche 9 août, 13 h, nous nous retrouvons dans notre espace de vie, derrière le podium départ de la dernière étape du Tour de France femmes, une boucle entre Nice et le col d’Èze, à effectuer plusieurs fois. Les coureuses ne partent qu’à 16 h mais il y a d’autres animations en amont, il faut donc être en place plus tôt.

Dernier briefing avant de nous rendre en compagnie de nos référents sur la zone qui nous est affectée. Avec mon binôme, nous sommes « déplacés » puisque certains, comme toujours, brillent par leur absence. Nous voilà sur la dernière ligne droite, à 200 m de l’arrivée, sur la promenade des Anglais. Notre rôle ici est purement informatif : transports, horaires de course, animations, dont la fan zone et le passage de la caravane, très important !
À lire aussi sur Radio Sports
Retrouvez toute l’actualité du vélo dans l’univers Radio Cyclo, le dossier Tour de France Femmes 2026 et le suivi de la Vuelta 2026.
Les personnes qui reviennent de la plage veulent tout simplement traverser la route. Il est vrai que ce n’est pas toujours simple, mais nous savons par où les faire passer ! Certains ne savent même pas ce qui se passe, nous les incitons à rester regarder un peu. Bizarrement, il n’y a pas que des passionnés de cyclisme qui frappent sur les panneaux aux premiers bruits de klaxon, peu après 14 h 30.
Premier passage de la caravane, et oui, elle est passée deux fois à Nice. Je me prends au jeu, à chanter, crier, bref faire du bruit, en échangeant des regards complices avec mes voisins, tout en essayant d’attraper quelques petits cadeaux au vol. Les bénévoles ont aussi un rôle d’animateur, le sourire est le meilleur des échanges. À leur passage, les pompiers sont très applaudis, encore plus quand ils envisagent de nous arroser, nous sommes encore en période de canicule. Heureusement, nous sommes côté mer, donc à l’ombre des palmiers.
Les mains sortent des voitures, allez, tape-m’en cinq, c’est la dernière. Je ne rate pas les chauffeurs des voitures de Monaco qui assurent la promotion du grand départ de la Vuelta. Allez, à bientôt, mais le travail n’est pas terminé. Un travail dans une bonne ambiance, avec des remerciements et des discussions qui s’engagent.
À gauche, des vacancières veulent juste voir les coureuses passer. À droite, une famille venue de Franche-Comté pour encourager Léa, engagée dans l’opération « elles arrivent », qui permet à de jeunes cyclistes d’effectuer une partie du parcours avant les pros. La jeune championne arrive et vient saluer les siens avant de franchir la ligne d’arrivée, certainement des souvenirs plein la tête. La famille prépare maintenant la tête géante, style Paris 2024, de la Franc-Comtoise Juliette Berthet, qui va arriver avec les pros.

Enfin, Elles arrivent ! Peloton éclaté, le passage par le col d’Èze n’y est certainement pas étranger. La course évolue à chaque passage, la ferveur est la même, pousser les femmes qui sont devant, encourager celles à la peine. L’avantage d’être proche de la ligne d’arrivée, c’est que nous sommes au premier rang, plus proches que beaucoup de journalistes, pour voir Demi Vollering lever les bras et savourer sa victoire.
Monaco, pour sécuriser le grand départ des hommes
Quelques mots aux coureuses qui partent se rafraîchir en mer Méditerranée et je me concentre sur la prochaine échéance avec ces messieurs, le grand départ de la Vuelta, le Tour d’Espagne, à Monaco. Le retrait de l’équipement s’effectue dans la salle dédiée au retrait des accréditations, de quoi faire remonter quelques souvenirs et croiser quelques têtes connues. Nous y sommes presque !

Samedi 22 août, 11 h, rendez-vous sur la zone d’affectation, le Forum Grimaldi pour ce qui me concerne, avec le responsable d’équipe. Cette fois, la mission est un peu plus ardue, il s’agit de faire traverser le public, sur une route séparée par un terre-plein, que les coureurs vont emprunter dans les deux sens. Et comme il s’agit d’un contre-la-montre, il s’agit d’être très vigilant, pendant la course, mais aussi et surtout pendant l’échauffement, forcément moins organisé.

Tee-shirt rouge, gilet jaune et sifflet dans la poche, nous sommes quatre sur les lieux, deux sur le trottoir et deux sur le terre-plein. Le problème de ce côté de la route, c’est qu’il n’y a pas de barrière et que mes bras sont un peu moins dissuasifs. Cette fois encore, la proximité de la plage intensifie le flux. La caravane est restée en Espagne, mais les voitures présentes sur le Tour de France sont là, pour circuler dans les rues en proposant quelques cadeaux. Je donne une de mes sucettes à un petit garçon qui pleurait parce qu’il n’avait pas eu sa « lollipop ».
Je continue ainsi à travailler mon anglais, c’est un peu plus délicat pour l’espagnol mais nous arrivons à nous comprendre. Cette fois, je fais un peu plus parler mon autorité, surtout auprès des personnes qui pensent qu’elles « ont bien le temps de traverser » en regardant du mauvais côté. Il y a bien quelques râleurs, mais dans l’ensemble chacun prend les choses avec le sourire. Je me souviens encore de cette dame que j’ai enlacée alors qu’elle s’engageait sur la chaussée. Elle m’a regardée interloquée, je lui ai montré le coureur lancé à environ 50 km/h, elle m’a répondu par une grosse bise.
La journée a été longue, très chaude, mais nous avons bien rempli notre rôle, contribuant au bon déroulement de l’épreuve. Nous n’avons pas tout vu, notamment ce départ spectaculaire au niveau du casino juste derrière, mais nous étions dans la course et nous avons vu passer la fusée Pogacar.
Oui, j’aurais pu suivre ces événements en tant que journaliste, pour l’avoir déjà fait, je sais que les sensations auraient été différentes, un peu plus dans la retenue. Le bénévolat permet de vivre pleinement un événement, d’échanger et de créer des liens. Je ne sais pas s’il y aura des bénévoles en Espagne sur l’arrivée de la Vuelta, ceux de la Côte d’Azur sont tournés vers les championnats du monde d’Iron Man. Et oui, pour certains, bénévole c’est un métier, vous devriez essayer.
Christelle Chapiotin
Journaliste – Radio Sports






