Carla ARBEZ
Carla Arbez, demi d’ouverture du XV de France : « Jouer pour la France, c’est une émotion intense »
Elle fait partie de celles qui écrivent, match après match, l’histoire du rugby féminin français. Carla Arbez, demi d’ouverture du XV de France, nous a accordé un entretien au cœur du Tournoi des Six Nations. Rencontre avec une joueuse passionnée, lucide sur son sport, et fière de porter le maillot bleu.
Biarritz, Bordeaux, et la France : un parcours de conviction
Tout commence à Biarritz, où Carla Arbez chausse ses premiers crampons à l’âge de 7 ans. Pour elle, il n’y a jamais eu d’autre sport envisageable. Le rugby, c’est une évidence. Aujourd’hui triple championne de France avec le Stade Bordelais, elle entend bien continuer sur cette lancée et défendre son titre avec le même appétit de victoire. En équipe de France, elle cumule 17 sélections, et chaque convocation reste un moment à part. « Jouer pour la France, c’est une émotion intense », confie-t-elle, renforcée par l’adrénaline des grands matchs et l’expérience unique de foules acquises à leur cause, comme ce fut le cas à Grenoble.
Dans l’enfer de Marcoussis : la mécanique du haut niveau
La vie en équipe de France pendant le Tournoi des Six Nations, c’est un régime à part entière. Pas question de rentrer à la maison entre deux matchs : les joueuses restent à Marcoussis, le centre d’entraînement fédéral, pour enchaîner récupération, analyses vidéo dès le dimanche, et préparation de l’adversaire suivant dès le lundi. Les journées sont découpées au millimètre : séances de musculation, travail sur les connexions, les timings, la vitesse — tout est calibré pour arriver au top le week-end. Une rigueur qui porte ses fruits. Ce que souligne Carla Arbez avec fierté, c’est que les conditions de préparation de l’équipe féminine sont désormais identiques à celles des hommes : mêmes infrastructures, mêmes nutritionnistes, mêmes outils d’analyse vidéo. Une parité des moyens qui aurait été impensable il y a encore quelques années.
Contre l’Italie : un essai libérateur
Le match face à l’Italie lors de ce Tournoi en est un bon exemple. Serré à la mi-temps sur le score de 5 à 0, il a fallu que le collectif se ressaisisse. C’est Carla Arbez qui a débloqué le compteur en seconde période, inscrivant un essai décisif qui a ouvert la voie à une victoire plus large. Une action emblématique de son rôle de pivot offensif dans ce XV de France.
Cardiff, l’Angleterre… et des rêves plein la tête
Quand on l’interroge sur les prochaines échéances, les yeux de Carla Arbez s’illuminent. Jouer au Principality Stadium de Cardiff est un « rêve » qui lui procure des frissons. Elle n’ignore pas que le Pays de Galles, sortant d’une Coupe du Monde décevante et d’une défaite la semaine précédente, arrivera avec une motivation décuplée. Et puis, il y a le « Crunch » face à l’Angleterre — toujours « quelque chose de spécial », un match où l’envie de gagner est encore plus forte, même si les valeurs fondamentales du rugby restent intactes.
La médiatisation : « une étape à franchir »
Là où le discours de Carla Arbez prend une dimension plus militante, c’est sur la question de la médiatisation. Si l’équipe de France parvient à remplir les stades — et le succès populaire est réel —, la joueuse est lucide sur la situation du championnat de club. La visibilité reste « très compliquée », et la couverture médiatique des matchs de club demeure très insuffisante. « C’est une étape à franchir », dit-elle simplement, avec la conviction de celles qui croient en l’avenir de leur discipline.
AXA entre en mêlée pour le rugby féminin
C’est précisément sur ce terrain que la campagne lancée par AXA prend tout son sens. Partenaire officiel de la Fédération Française de Rugby, l’assureur a donné son nom au championnat national « AXA Elite 1 » et s’engage en faveur de la pratique féminine à tous les niveaux, des écoles de rugby jusqu’au XV de France.
À travers un film émouvant diffusé début avril 2026, AXA retrace le parcours courageux des pionnières qui ont brisé les stéréotypes pour ouvrir la voie aux générations suivantes. Le message est clair : rien n’arrête le rugby féminin. Lors de la dernière Coupe du Monde en septembre 2025, 3,8 millions de Français étaient devant leur écran pour soutenir les Bleues face à l’Angleterre — un premier grand succès populaire qui change la donne.
Concrètement, AXA lance également l’opération « Femmes de terrain » : dès la rentrée sportive 2026-27, 50 clubs amateurs recevront des dotations complètes d’équipements — maillots, shorts, ballons, casques — pour permettre à leurs équipes féminines de jouer dans les meilleures conditions.
« Le partenariat avec AXA marque une étape décisive pour le rugby féminin français : il renforce notre championnat national et accompagne notre XV de France féminin au plus haut niveau en brisant le plafond de verre et les tabous. Nous sommes convaincus que pour donner envie de pratiquer, il fautpouvoir s’identifier. Au-delà d’être des joueuses exceptionnelles, nos championnes sont de véritables rôles modèles pour les jeunes générations qui transforment l’image de la femme dans le sport et dans la société. Le film AXA et la campagne qui l’accompagne disent tout du combat qui est celui de la Fédération pour un rugby féminin qui emporte tous les coeurs. Place aux Bleues ! » Florian Grill, Président de la FFR.
De Carla Arbez qui marque des essais sous le maillot bleu, aux petites filles qui enfilent leurs crampons pour la première fois dans un club municipal : le rugby féminin est en train de transformer l’essai. Et cette fois, tout le monde regarde.
Pour découvrir la campagne AXA « Rien n’arrête le rugby féminin »







