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Dans le rétro sport : l’AS MONACO

C’est d’abord l’histoire d’une bande de potes. De joueurs doués mais qui, surtout, au sortir d’une saison 2002-2003 plus qu’encourageante, scellent un pacte : pas question de changer de maillot à l’intersaison.

Plusieurs d’entre eux en avaient la prescience, à commencer par Jérôme Rothen et Patrice Evra. L’actuel consultant pour RMC le raconte dans son autobiographie : avec l’ancien niçois, et avant même le début de la phase de poules de la Ligue des Champions, ils ont intimé à leurs moitiés respectives de réserver leur place pour la finale. Le sport de haut niveau n’est pas avare en anecdotes de cette nature, un peu comme lorsque Henri Leconte, face à un Guy Forget dépité sur sa table de massage après sa défaite contre Andre Agassi lors du premier simple de la finale de l’édition 1991 de la Coupe Davis, avait annoncé, plus sûr de sa force que jamais, qu’il allait « mettre une branlée » à Pete Sampras pour remettre les deux équipes à égalité. Ce qu’il fit.

Photo ©As Monaco

L’AS Monaco d’alors a, il est vrai, plutôt fière allure. Un mélange d’expérience et d’insouciance. De maîtrise et d’audace. Ci-devant vainqueurs de la Coupe de la Ligue et vice-champions de France, les Roma, Zikos, Bernardi, Rothen et autres Giuly abordent l’exercice 20023-2004 avec quelques certitudes. Il est déjà loin, le temps où le club de la Principauté avait des airs d’EHPAD de luxe, quand Christian Vieri, Christian Panucci, Vladimir Jugovic ou Oliver Bierhoff, tous déjà sacrés à l’échelle continentale, venaient terminer leur carrière au soleil et au petit trot.

Aussi solidaires que revanchards

Plus tard, Hugo Ibarra et surtout Fernando Morientes, victime de l’ingratitude de Florentino Perez, l’omnipotent président du Real Madrid, père fondateur des Galactiques et chantre du football marketing, empruntent le même chemin, mais avec une motivation tout autre. L’envie irrépressible de convaincre, soi-même et les autres, de repousser ses limites, d’atteindre ou de renouer avec le plus haut niveau européen.

Il y a 20 ans, quand l’AS Monaco retournait l’Europe.

Pour guider cette équipe revancharde, il faut un entraîneur de très haut vol. Un de ces meneurs d’homme capable de trouver la formule et les mots pour tempérer ou galvaniser quand il le faut. Ce sont les débuts de l’extraordinaire seconde carrière de Didier Deschamps, le même qui laissa sa chance à Jérôme Rothen, encore lui, quand le transfuge de l’ESTAC flambait au casino tous les soirs, la tête grosse comme un melon et les pieds lourds comme du plomb.
Avec un fort capital confiance, de magnifiques individualités et une solidarité à toute épreuve, les Rouge et Blanc débutent leur campagne européenne par une victoire de prestige à Eindhoven, avant de concéder le nul à Louis II contre l’AEK Athènes. La troisième journée de la phase de groupes les voit affronter le Deportivo La Corogne, une pointure de la Liga. Avant la rencontre, les Galiciens sont surpris en train de faire des emplettes dans les rues de la Principauté. Leurs adversaires en sont tout retournés et ont le sentiment d’être sous-estimés, ce qui n’est peut-être pas complètement faux. Dado Prso s’en ouvre à Jérôme Rothen. Enchaînant les cafés, l’attaquant croate « (sent) quelque chose ». « On va les exploser », assure-t-il à son coéquipier. Sa prédiction se révèle exacte et le score du match légendaire. Atomisé 8-3, mené quatre buts à zéro dès la demi-heure de jeu, le « Depor » est humilié, renvoyé à ses chères études par un ASM plein de cœur, d’orgueil et de fougue, comme transcendé par l’événement. Les Espagnols se vengent au Riazor deux semaines plus tard, sur la plus petite des marges, mais un nul contre le PSV et une nouvelle démonstration de force face à l’AEK Athènes suffisent à la bande à DD pour valider son ticket pour les huitièmes de finale de la Ligue des Champions, qui plus est en tête de la poule.

En février, place au Lokomotiv Moscou, qui semble largement à la portée des Monégasques. Sauf que le costume de favori leur sied moins. Plus crispés qu’à l’accoutumée, Ludovic Giuly et compagnie se retrouvent menés 2-0 dans la capitale moscovite, mais Fernando Morientes réduit la marque à vingt minutes de la fin du temps réglementaire. Trois semaines plus tard, Dado Prso délivre les siens à l’heure de jeu. La rédemption du champion, coupable d’avoir manqué un penalty en première période.

Madrid à la folie
Le Club de la Principauté passe par un trou de souris pour rallier les quarts de finale, où l’attend le Real Madrid de Roberto Carlos, David Beckham, Zinedine Zidane, Luis Figo, Ronaldo et Raul. Un onze de rêve, sans doute l’un des plus forts de tous les temps sur le papier. Sur le papier seulement, car c’est bien connu : on ne construit pas une équipe sur la seule base d’une addition de talents. Les Merengue ont beau avoir remporté la C1 en 2002, la Juventus les a fait tomber de leur piédestal en demi-finale la saison précédente. Non, les Galactiques ne sont pas invincibles. Au match aller, à Bernabeu, Sébastien Squillaci déflore le score pour les visiteurs, qui se mettent à rêver. Pas longtemps, une vingtaine de minutes, mi-temps incluse, le temps qu’Ivan Helguera remette les compteurs à égalité. Entre les soixante-dixième et quatre-vingt-unième minutes, le Real Madrid inscrit trois autres buts et on se dit que la messe est dite. C’est sans compter Fernando Morientes, l’ancien de la maison, qui comme à Moscou allège une nouvelle fois la note à sept minutes de la fin. Le but de l’espoir et sans doute celui de la qualification, mais personne ne le sait encore.

Le match retour n’est pas exactement à conseiller aux cardiaques.  Dans l’intervalle, les hommes de Carlos Queiroz ont trouvé le moyen de se faire battre en prolongations par Saragosse en finale de la Copa Del Rey. Un gros coup sur le casque et depuis, un football bien plus balbutiant, mais à dix minutes de la pause, Raul marque en premier et, de nouveau, l’écrasante majorité des observateurs enterre l’AS Monaco. D’une reprise de volée rasante, Ludovic Giuly remet les deux formations à égalité juste avant le retour aux vestiaires.

Il reste du chemin à parcourir, mais l’ex-lyonnais y croit. Il y croit encore plus quand il échange avec Zizou, son coéquipier de l’équipe de France, lequel lui rapporte imprudemment que les Merengue n’ont plus de gaz. L’ancien lyonnais ne se prive pas de transmettre le message à ses coéquipiers, tandis que Didier Deschamps, prophète en son pays et prophète tout court, leur annonce que s’ils continuent sur cette lancée, la qualification leur tend les bras. Dès l’entame de la seconde période, l’inévitable Fernando Morientes, de la tête, offre l’avantage aux Monégasques, qui tiennent leur proie et ne la lâcheront plus. A la soixante-sixième minute, d’une talonnade pleine de malice, Ludovic Giuly trompe Iker Casillas et fait du rêve une fabuleuse réalité. L’exploit est en marche et l’ASM résiste jusqu’au bout lors d’une fin de match à couper le souffle, au sens figuré comme au sens propre, comme Patrice Evra le confiera plus tard.

Revoilà donc le club de la Principauté dans le dernier carré d’une compétition européenne, ce qui ne s’était plus produit depuis 6 ans. L’équipe est plutôt jeune, mais elle coche toutes les cases et rappelle, sous certains aspects, le Bastia de 1978. Totalement décomplexée, elle incarne parfaitement la règle des « 3R » : rigueur, risque, réalisme.

En demi-finale se dresse un autre poids lourd, Chelsea, alors entraîné par Claudio Ranieri. John Terry est déjà là, Frank Lampard aussi, mais ni l’un ni l’autre n’ont encore atteint la plénitude de leurs capacités footballistiques. A l’aller, à Louis II, Dado Prso marque de la tête sans sauter sur un caviar de Jérôme Rothen après un quart d’heure de jeu. Las !  Hernan Crespo égalise quelques minutes plus tard. Déjà en ballotage défavorable, les Monégasques voient leurs chances sérieusement compromises lorsque leur milieu Andreas Zikos se fait expulser en début de seconde période. Le Grec cède à une provocation de Claude Makélélé, qui en fait des tonnes et dupe l’arbitre sous les applaudissements d’un Marcel Desailly témoin de toute la scène et qu’on avait connu plus fair-play. La plupart des équipes se seraient effondrées, mais pas cet ASM-là, avec ses ressources mentales hors du commun.

Parfaitement servi par Ludovic Giuly, Fernando Morientes fusille Marco Ambrosio, le portier italien des Blues, en fin de rencontre. A peine entré en jeu, Shabani Nonda, si longtemps blessé durant cette saison de feu, enfonce le clou à la quatre-vingt-troisième minute. Deux semaines plus tard, à Stamford Bridge, Chelsea est virtuellement qualifié à la quarante-quatrième minute (2-0), mais Hugo Ibarra reprend du bout du bras dans le but une tête de Fernando Morientes qui venait de rebondir sur la barre transversale juste avant l’entracte. Au terme d’un superbe mouvement collectif, l’attaquant espagnol égalise à l’heure de jeu et scelle le sort d’une nouvelle double confrontation à haute tension. Surtout, l’AS Monaco réalise l’exploit d’atteindre la finale de la Ligue des Champions, du jamais vu pour un club de Ligue 1 depuis le triomphe de l’Olympique de Marseille onze ans auparavant.

Le chef-d’œuvre de José Mourinho

L’histoire est belle et le parcours force le respect, mais il a aussi laissé des traces dans les organismes. Physiquement et moralement, les Rouge et Blanc sont cuits. Si longtemps premiers du championnat, ils ont été rattrapés puis dépassés par l’Olympique Lyonnais, qui finira par conserver son titre. La finale pour le titre de champion d’Europe se dispute le 26 mai 2004 à Gelsenkirchen, où les Monégasques prennent leurs quartiers cinq jours plus tôt. Ils auront le temps de faire et refaire le match des dizaines de fois dans leurs têtes, de l’aveu même de Jérôme Rothen.

En face, le FC Porto est entraîné par un certain José Mourinho, qui a trouvé la bonne carburation et mis sur orbite une armada d’une discipline et d’une complémentarité rares. Point de noms ronflants sur les bords du Douro, hormis peut-être ceux de Vitor Baia, ancien gardien du Barça, et de Deco, qui rejoindra quant à lui la Catalogne à l’intersaison, mais des joueurs morts de faim eux aussi et de dimension internationale. Les nombreux internationaux portugais ont également à cœur de faire forte impression à quelques semaines de « leur » Euro, qu’ils perdront en finale face à la Grèce pour ce qui demeure la plus grande surprise de l’histoire de la compétition.

En attendant, les Dragoes ont éliminé successivement Manchester United, l’Olympique Lyonnais et le Deportivo La Corogne, en dégageant à chaque fois une énorme impression de maîtrise. Ils sont les étendards d’un football peu porté sur le panache, mais sans déchet. Exactement le genre d’adversaire « poil à gratter » qui déplaît aux feux follets, d’autant que le plus iconique d’entre eux côté monégasque, Ludovic Giuly, se blesse et doit abandonner les siens dès la 22ème minute. José Mourinho ne dira pas le contraire : sa sortie modifie la physionomie du match, compromet les plans des troupes de Didier Deschamps et libère les défenseurs lusitaniens d’un énorme poids. Quinze minutes plus tard, Carlos Alberto permet au FC Porto de virer en tête à la pause. Il n’y a en fait déjà plus de match. En seconde période, Deco et Dmitri Alenitchev scorent à leur tour, mettant un terme définitif aux espoirs monégasques de soulever la coupe aux grandes oreilles.

Douloureux épilogue d’une épopée restée dans toutes les mémoires. Celle d’une équipe qui, après avoir infligé une punition historique au Deportivo La Corogne, sur un score de baby-foot, a déboulonné le Real Madrid et Chelsea avec la manière. Vingt ans après, par-delà cette finale ratée, les amateurs de beau football n’ont pas oublié.

Ils n’oublieront sans doute jamais.

Guillaume Duhamel – Radio Sports


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