Sport féminin, réseaux sociaux et violences psychologiques : la parole se libère au Bike & Run 2026 du Vélodrome National de Saint-Quentin-en-Yvelines
À l’occasion du Bike & Run 2026 organisé au Vélodrome National de Saint-Quentin-en-Yvelines, Radio Sports a réuni plusieurs sportives venues d’univers différents pour une grande table ronde consacrée à la place des femmes dans le sport, aux réseaux sociaux, à la santé mentale et aux violences psychologiques encore présentes dans de nombreuses disciplines.
Autour de la table : Lénaïg Corson, ancienne internationale de rugby, Zohra Kehli, escrimeuse représentant l’Algérie, Magali Rousseau, olympienne et multiple championne du monde de sauvetage sportif, ainsi que Maxine Eouzan, aventurière connue notamment pour sa victoire dans Koh-Lanta.
Dans une ambiance libre et sans filtre, les invitées ont partagé leurs expériences sur les difficultés rencontrées par les femmes dans le sport de haut niveau, la médiatisation, les commentaires sur les réseaux sociaux, la maternité, les inégalités salariales ou encore les violences psychologiques dans certains environnements sportifs.
Le sport féminin gagne du terrain… mais reste sous-exposé
L’un des premiers sujets abordés concernait l’évolution de la visibilité du sport féminin.
Les intervenantes ont reconnu que les choses avaient évolué ces dernières années, notamment grâce à des figures majeures comme Pauline Ferrand-Prévot dans le cyclisme ou encore grâce à la montée en puissance de grandes compétitions féminines.
Mais pour Lénaïg Corson, la médiatisation reste encore très inférieure à celle du sport masculin, malgré les performances des athlètes féminines.
Le débat a également permis de rappeler l’importance historique de figures comme Billie Jean King, pionnière du combat pour l’égalité des primes dans le tennis professionnel féminin. Un combat qui continue aujourd’hui dans d’autres disciplines sportives.
Carrière sportive et maternité : un équilibre longtemps impossible
La question de la maternité dans le sport de haut niveau a également occupé une place importante dans les échanges.
Magali Rousseau, ancienne nageuse olympique reconvertie dans le sauvetage sportif, a expliqué qu’à son époque il était très compliqué d’envisager une grossesse pendant une carrière sportive. Elle évoque aujourd’hui le besoin de retrouver du temps pour sa vie personnelle après des années consacrées à la compétition.
Les participantes ont souligné que les mentalités évoluent progressivement, notamment grâce à des sportives qui prennent désormais la parole sur la maternité, les cycles menstruels ou encore l’adaptation des entraînements pendant la grossesse.
Réseaux sociaux : des violences psychologiques toujours présentes
Le moment le plus fort de cette émission Radio Sports restera sans doute le long échange consacré aux réseaux sociaux et aux violences verbales subies par les sportives.
Maxime Eouzan a raconté les nombreux commentaires sexistes reçus après la publication d’une simple vidéo en maillot de bain tournée avec Magali Rousseau autour d’un tutoriel natation.
Pour plusieurs intervenantes, ces réactions traduisent une violence psychologique encore très présente en 2026, notamment envers les femmes exposées médiatiquement dans le sport.
Lénaïg Corson a notamment évoqué les messages reçus par certaines jeunes sportives sur TikTok ou Instagram, ainsi que la montée des discours masculinistes sur les réseaux sociaux. Elle a salué le travail de créateurs de contenu et d’athlètes qui prennent désormais publiquement position pour défendre le respect des femmes dans le sport.
La parole des femmes dans le sport continue de se libérer
Les échanges ont également permis d’aborder un sujet particulièrement sensible : l’emprise psychologique de certains entraîneurs dans plusieurs disciplines sportives.
Zohra Kehli a expliqué que dans certains environnements sportifs, la pression liée à la performance pouvait conduire des athlètes à banaliser des comportements problématiques.
Les participantes ont insisté sur l’importance de libérer la parole, d’améliorer la formation des encadrants et de mieux accompagner les jeunes sportives confrontées à des situations de violence psychologique ou sexuelle.
Lénaïg Corson a également évoqué les actions menées dans le cadre de sa Rugby Girl Académie, notamment dans les collèges, afin de déconstruire les stéréotypes de genre dès l’adolescence.
Le sport comme espace d’éducation et d’émancipation
Au-delà des difficultés évoquées, cette table ronde organisée par Radio Sports au Bike & Run 2026 a aussi permis de mettre en lumière une génération de sportives déterminées à faire évoluer les mentalités.
Toutes ont rappelé le rôle du sport comme espace d’éducation, de transmission et d’émancipation.
À travers leurs parcours, leurs prises de parole et leurs engagements, ces athlètes participent aujourd’hui à ouvrir le débat sur des sujets longtemps restés tabous dans le monde du sport.
Depuis le Vélodrome National de Saint-Quentin-en-Yvelines, Radio Sports poursuit ainsi son travail autour du sport société, du sport féminin et des enjeux humains qui traversent aujourd’hui le sport de haut niveau.







